À l’occasion du Grand Prix de France, en juillet 1985, J’ai fait. la connaissance d’Alain PROST .Rapidement je l’ai trouvé très sympathique, très avenant et très attentionné à mon égard. À un moment donné alors que nous étions en train de discuter, il fut assailli par des gens qui voulaient des autographes, subitement il hurla : « Vous ne voyez pas que je suis en train de discuter avec le monsieur !! ». D’un coup, comme un seul homme ils s’étaient écartés de nous, comme quand la mer se retire, formant un cercle tout autour. Pendant que nous discutions, les fans d’Alain PROST nous mitraillaient avec leur appareil photo. Au fur et à mesure que nous parlions, j’avais pu remarquer qu’il avait une faculté exceptionnelle d’anticipation sur les gens qui le prenaient en photo : quand il n’avait pas envie d’être photographié, avec les doigts de sa main droite il formait une fourche, puis il faisait pénétrer ses doigts dans sa chevelure au niveau du front tout en faisant un geste de l’avant vers l’arrière, à le voir comme ça on peut penser qu’il se coiffe en remettant la mèche de ses cheveux bouclés en place. Mais en fait, il se servait de son bras comme d’un bouclier devant son visage ; pour celui qui prend la photo à ce moment-là il se retrouve avec un coude à la place de la figure. Toutes les stars avec lesquelles j’ai posé m’ont toutes demandé : « Qui prend la photo ! » pour regarder en direction de l’objectif de mon appareil photo seulement. Durant toute la période de notre entretien il était accroupi à côté de moi son bras gauche reposant sur l’accoudoir de mon fauteuil. Pour partir il ne fallait surtout pas qu’il me dise au revoir, sinon il se retrouvait encerclé par des dizaines de personnes à la recherche d’autographes, c’est ainsi pour toutes les stars. J’ai acquis une petite expérience dans ce domaine depuis quelques années. Alors je lui avais proposé qu’au moment où je lui dirais : « Let’s Go !! » Il pourrait partir.
Cette stratégie s’était révélée efficace à plusieurs reprises, la première fois que je l’ai utilisée, c’était avec Yannick NOAH quelques années plus tôt.
À un moment, je m’étais penché vers Alain PROST pour lui glisser à l’oreille le fameux « Let’s Go ! » D’un coup il est parti en fendant la foule. Son départ créa une certaine effervescence autour de moi, les gens allaient ce jour là dans tous les sens. Mais à 2m de distance, il y avait une dame qui essayait péniblement de pointer son objectif dans ma direction, et à chaque fois elle était gênée par quelqu’un qui passait entre nous, je lui fis signe pour savoir si c’est bien moi qu’elle voulait prendre en photo, d’un hochement de la tête elle me fit comprendre que oui. Alors, j’ai utilisé le même procédé qu’Alain PROST un moment plus tôt, en leur disant à haute voix « Stop ! Vous ne voyez pas que vous gênez la dame ! » D’un coup, ils s’étaient tous arrêtés pour former une double haie, créant ainsi un espace vide entre elle et moi. Comme pour avoir confirmation, sur un ton incrédule, j’ai redemandé à la dame, si c’était vraiment moi qu’elle voulait prendre en photo. D’un sourire elle me confirma son intention. Alors j’ai posé pour elle en faisant de mon mieux, avec un air gracieux et complice. Bien que je ne voyais pas où était l’intérêt de me prendre en photo seul. Néanmoins, j’ai trouvé son initiative très sympathique, pour une fois qu’on ne s’intéresse qu’à moi.
Pourtant j’étais constamment pris en photo en compagnie de personnalités de tous horizons ,il y avait même des gens qui me suivaient à distance dans l’espoir que quelqu’un de connu pose à mes côtés. Parfois c’était pour eux la seule occasion de les photographier à l’arrêt, car ils ne s’arrêtent jamais, vu qu’ils sont très pris par les exigences qu’imposent leur métier et leur emploi du temps. Souvent ils cavalent en se rendent du paddock aux stands et vice versa, avec une meute de gens qui leurs courent toujours après. En fait, sans même m’en rendre compte je bénéficiais d’un privilège exceptionnel.